mercredi 1 novembre 2017

Au plus loin de la mémoire - Béarn 2017

Prolonger l'arbre généalogique.


Etat civil vers 1740 Archives départementales des Pyrénées Atlantiques

L’oncle a réalisé un travail de recherche de généalogie.
Il a laissé des planches, des diagrammes, des arbres,
et inscrit dessus des dizaines de prénoms et de noms.

Nous y retrouvons
nos parents,
des sœurs parties trop tôt,
des oncles, des cousins partis aussi.
des grands parents que nous avons peu connus ;
et en remontant plus loin,
nos arrière-grands-parents ;
et tout au pied de l’arbre, leurs parents.

Mais qui sont donc nos racines ?

Alors, je lis les archives de l’Etat Civil,
aujourd’hui numérisées, ce qui facilite les recherches.

Je lis ces archives comme le roman de mon village,
tout en notant les noms de mes aïeux,
essayant de détricoter les filiations
des multiples Marie, Pierre et Jean,
tentant avec peine de prolonger l’arbre
dans les générations antérieures,
plongeant jusqu’aux plus anciennes pages
dont même leur mémoire s’estompe.

Et dans le village, les gens sont nés,
sont parfois arrivés, trouvés et confiés
par l’hospice de la ville voisine à une nourrice,
se sont mariés, parfois remariés,
sont morts.

Et je pense à eux tous.

Mort-nés,
morts très jeunes, quelques heures, quelques jours,
ou un peu plus grands, mais encore enfants,
fratries balayés parfois en peu de temps,
certainement par des épidémies,
ou des famines,
conséquences d’hivers trop rudes ou d’étés trop secs.

Morts à l’âge où les filles et les garçons se regardent,
emportés par des accidents, des maladies,
et aussi morts soldats à l’autre bout de la France,
en Algérie, au Mexique, et même aux antipodes.

Mortes en couche, très jeunes, trop jeunes,
parfois après avoir mis plusieurs enfants au monde ;

Morts de fatigue d’avoir travaillé le champ tout le jour,
d’avoir nourri leur famille toujours avec générosité,
mais aussi morts très âgés, centenaires parfois.

Et au cours de ce travail,
que je pensais uniquement technique,
je ressens une grande émotion,
de la sympathie mêlée à de l’admiration
pour tous ces enfants,
filles, garçons,
femmes et hommes
qui m’ont précédé.

Illustration de l'article: Etat civil vers 1740 Archives départementales des Pyrénées Atlantiques, collection numérisée http://earchives.le64.fr/

1 commentaire:

  1. Oui c'est très beau et très émouvant Daddé! Moi aussi je pense très souvent à tous ceux-là et toutes celles-là! Je prie beaucoup aussi pour nos jeunes! Il y a toujours autant de misères, de personnes qui meurent trop tôt, de violence sans nom... Quand cela finira-t-il?

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